Jean-Pierre Castex

Occupation isdaT toulouse - Grève étudiants

Se déplacer aussi.

Tout le mois de décembre les étudiants de l’institut supérieur des arts ont emboité le pas de ce qu’il est convenu d’appeler « le mouvement social ». Cela s’est traduit par une occupation permanente des locaux. De cette occupation découlent des assemblées générales, des groupes de lecture, des temps de méditation, de massages, des ateliers collectifs, des repas partagés ,des éditions de fanzines, de tracts, d’affiches, une radio pirate ouverte à tous, la construction de chars en carton pour les jours de manifestation, la tenue de colloque avec des représentants d’autres universités, et bien d’autres activités qui concourent à faire groupe en interne et à essaimer cet esprit de colère créatif vers l’extérieur. 

Notre École est située en centre-ville le long des quais de la Daurade près du lit de la Garonne. Du dehors, de longues façades ajourées de fenêtres bordent les voies de circulation. À l’intérieur, deux cours pavées permettent les rassemblements les plus nombreux. La plus grande a fait l’objet d’une construction dès les premières heures. Une structure en bois de presque cinq mètres de haut pour un empattement de quatre par douze. Cette structure est recouverte d’une bâche type agricole verte. Dans l’abri, vingt personnes tout au plus peuvent tenir. Une ardoise et un panneau d’affichage complètent les mails d’appel à réunion. Un peu de matériel traine dans les parties basses. Cette structure est le premier geste de l’occupation. Par ses dimensions et sa matérialité elle manifeste une présence. Elle est solide, faite pour résister. Le rapport entre ce geste « artistique » et la volonté d’être enfin au centre des débats citoyens tombe comme une évidence. Au-delà de ce geste premier, nous avons ici un rassemblement de personnes qui fabriquent des intelligences collectives. Ils se parlent, débattent, prennent des initiatives, admettent qu’est politique aussi ce qui n’a pas l’air de l’être. À ce titre les étudiants de l’École des B.A. de Toulouse ont une trajectoire exemplaire. Leur ténacité et leur culture de l’échange contradictoire, leur permettent de penser la relation de la fin et des moyens, du sens et de la forme, des objectifs et des luttes. L’expression de leur colère cherche des voies en accord avec le monde qu’elle désigne. C’est cela que je voulais souligner.

Jean Pierre Castex le 9 janvier 2019.

Pour finir en chanson cette fois encore ; Le Temps des cerises (paroles de Jean Baptiste Clémentmusique d’Antoine Renardme paraît adapté.

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